publié le 18 mai 2009
On ne nous dit pas tout !!! La France est sur une tendance de 20% à 30% de réduction des émissions de CO2 d'ici à 2050, très loin des 400% auxquels correspond le facteur 4. C’est ce qui ressort d’un rapport international très sérieux réalisé par le WBCSD et présenté dans le cadre du Forum International sur l’Efficacité Energétique, qui s’est tenu à Paris du 26 au 29 avril dernier.
Si ce forum international a été largement relayé dans la presse spécialisé, ce rapport, cofinancé par Lafarge et le groupe américain UTC (propriétaire notamment des ascenseurs Otis et des systèmes de chauffage et climatisation Carrier) et réalisé sous l'égide du Conseil mondial des affaires pour le développement durable (WBCSD), l’a été plus encore.
Or, curieusement, seule « La Tribune » relève les conclusions guère encourageantes quant à l'efficacité, par exemple, du Grenelle de l'environnement. Morceaux choisis :
«… Il semblerait que l’on puisse accorder un certain crédit à cette enquète,… réalisée selon un modèle innovant d’approche micro-économique, et dont la modélisation proposée par le rapport permet d'évaluer les résultats des politiques publiques envisagées. Pour construire ce modèle, une dizaine de types de bâtiments dans le monde entier ont été étudiés (la maison individuelle en France, le logement collectif en Chine, les immeubles de bureaux au Japon, etc.) et de nombreuses bases de données d'instituts de recherches regroupées, etc.
Parmi les obstacles à la réduction de l'impact des bâtiments s'appliquant à la France, le rapport cite le retard en matière de solutions adaptées au marché en termes d'efficacité et de prix, dû à la mauvaise compréhension du sujet par les professionnels. «Si la France fait partie des pays dotés d'une réglementation thermique, elle y est rarement respectée et encore moins vérifiée», s'indigne Constant van Aerschot , membre du groupe Lafarge.
La répartition des coûts et des bénéfices des investissements, entre propriétaires et locataires, et une chaîne de valeur complexe viennent assombrir encore le tableau. Le résultat d'une fragmentation des responsabilités et du séquençage des opérations. «Alors que tout se joue au niveau de la conception, la forme du bâtiment, notamment, ayant une forte incidence sur sa performance énergétique, le risque de non construction incite le promoteur à n'intégrer architectes et ingénieurs que le plus tard possible», déplore Constant van Aerschot. Il préconise des systèmes réduisant ce risque au minimum, tels qu'une délivrance accélérée des permis de construire pour les bâtiments les plus performants.
Parmi les pistes suggérées: un financement public réservé aux bâtiments labellisés, une tarification de l'énergie favorisant les faibles consommations, alors que aujourd'hui, plus on consomme, moins on paie (par kilowatt consommé), et des aides financières accordées exclusivement aux travaux influençant directement l'efficacité énergétique, ce qui ne serait pas le cas, par exemple, du prêt à taux zéro. »