Pour commencer, quelques chiffres :
n A Paris:
¡ Température moyenne de l’air: 11,3°C
¡ Température moyenne de l’eau: 11°C
¡ Durée ensoleillement 1639H/an
¡ Énergie solaire: 1117KWH/m²
n A Montpellier:
¡ Température moyenne de l’air: 13,9°C
¡ Température moyenne de l’eau: 14°C
¡ Durée ensoleillement 2635H/an
¡ Énergie solaire: 1490KWH/m²
A partir de ces données factuelles, voyons quelles conséquences on peut en tirer :
1°/ Conséquences au niveau des besoins de chauffage :
Les besoins annuels moyens de chauffage sont proportionnels à l’écart entre la température moyenne et la température à laquelle on chauffe les locaux, déduction faite des apports gratuits (apports solaires et apports internes), et ce pendant la période de chauffe.
Si l’on se réfère à la méthode des « Degré-Jours-Unifiés », les coefficients sont respectivement pour la région parisienne et la région montpelliéraine de 2600 et de 1700. En clair, la même maison consommerait donc 35% de moins d’énergie à Montpellier qu’à Paris, sans tenir compte du différentiel d’apports solaires.
Donc : une même maison consommerait environ 40% de moins à Montpellier qu’à Paris.
2°/ conséquences d’une utilisation plus « sobre » des moyens de chauffage.
Les documents publiés par l’ADEME incitent à un usage plus modéré des moyens de chauffage en mettant en avant le fait qu’une réduction de la température de 1°C vous fera gagner 7% sur votre facture d’énergie.
Or à Montpellier, 1°C représente 15% de « l’écart moyen à chauffer ».
donc : A Montpellier, une réduction de 1°C de la température de chauffage induit une diminution de la consommation énergétique de 15%
3°/ Conséquence sur un investissement photovoltaïque.
Si l’on considère la même surface de panneaux solaires photovoltaïques, posés en plein sud à Paris (toiture à 30°) et à Montpellier (toiture à 15°), les énergies produites annuellement seront respectivement de l’ordre de 900KWH et de 1200KWH pour un KWc installé (environ 8m² des capteurs). S’il fallait 8 ans pour amortir une installation à Paris, il suffirait de 6 ans à Montpellier !
4°/ Conséquence pour une installation thermodynamique
Lorsque la source d’énergie est de type thermodynamique, la Pompe à Chaleur (PAC) va rechercher les calories à l’extérieur, soit dans l’air, soit dans le sol. Plus elle en trouvera facilement, plus le rendement de la machine sera important.
Le schéma ci-contre illustre la variation de ce rendeme
nt ou coefficient de performance (COP) pour une Pompe à chaleur classique:
Donc : une même pompe à chaleur aura un rendement amélioré d’environ 5 à 7% si elle fonctionne à Montpellier plutôt qu’à Paris.
NB : il en est évidemment de même pour le chauffe-eau thermodynamique, que nous évoquerons en détail lors d’une prochaine publication.
5°/ Conséquences pour l’isolation des parois opaques (murs, plafonds, planchers) :
La mise en œuvre d’une isolation supplémentaire induit une réduction des pertes en hiver, mais concourt également au confort d’été. Dans notre région ce « plus » est donc particulièrement appréciable.
Toutefois, afin de se préserver efficacement de la chaleur estivale, il convient de prendre en compte un autre paramètre caractérisant le matériau isolant : son inertie thermique. L’inertie thermique de l’isolant va lui permettre de transférer le flux de chaleur avec un certain retard ou déphasage. Pour nos régions méditerranéennes, les journées sont chaudes et les nuits (relativement) fraiches. La mise en œuvre d’un matériau isolant apportant un déphasage de 8H permet donc de transférer un pic de chaleur (survenant vers 17H par exemple) avec un retard de 8H au sein d’un local (soit vers 1H du matin). Ainsi, le flux de chaleur traversant cette paroi se retrouve dans le local au moment ou l’atmosphère est la plus fraiche, concourant à un meilleur confort.
Par exemple, pour une isolation des combles, on préférera de la ouate de cellulose à une laine de verre classique : pour la même épaisseur de 20cm, on a une résistance thermique à peine moins performante (5,13 contre 5,55), mais un déphasage de 7,6H contre 4,1H.
6°/ Conséquences pour les ouvertures
Dans nos régions méditerranéennes, plus qu’ailleurs, la prise en compte de l’orientation et la gestion des apports solaires sont importantes.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les ouvertures au sud sont plus faciles à traiter que les ouvertures à l’est ou à l’ouest. En effet, une surface verticale de 1m² reçoit environ 2KW d’énergie solaire en hiver et « seulement » 3 KW en été, alors que la même surface exposée à l’ouest reçoit 1KW en hiver contre 5KW en été.
Donc, il faut:
- - Aménager des auvents, pergolas, casquettes ou avancées sur les façades sud
- - Protéger de manière mobile par des protections extérieures les façades est et ouest.
- - Limiter au strict minimum les ouvertures sur les façades est et ouest quand c’est possible (rechercher les apports de lumière uniquement).
Enfin pour finir je tenais à préciser que ce n’est pas parce qu’il fait plus chaud chez nous que les jacobins nous ont aussi appelé les sans-culottes. Non, je vous assure que ça n’a rien à voir !